Retour aux actualités précédentes
Publié le 26 - 03 - 2024

    Mais qui sont les cadres des TPE ?

    Les élections professionnelles dans les TPE approchent et l’implication de la CFE-CGC augmente auprès de leurs salariés. Portrait de ces membres de l’encadrement qui travaillent dans des petites structures.

    Dans son hors-série de février 2024 intitulé « 5 enjeux pour l’emploi cadre en 2024 », l’Association pour l’emploi des cadres (Apec ; actuellement présidée par la CFE-CGC) écrit : « Tous les acteurs ne sont pas égaux face aux incertitudes économiques et certains devraient s’en trouver davantage fragilisés, en particulier les TPE-PME, les cadres séniors et les demandeurs d’emploi cadres. » Ce constat abrupt n’est pas étonnant concernant les TPE puisqu’il va de soi que quand on s’embarque dans un frêle esquif on est plus à la merci d’un grain que dans un paquebot. Pour aller plus loin, une autre étude de l’Apec, datant d’il y a quelques mois, permet de mieux connaître ces marins, ces capitaines qui voguent sur des TPE.

    LA MOITIÉ DES CADRES DU PRIVÉ TRAVAILLENT DANS UNE TPE/PME

    Dans son « Portrait statistique des cadres en TPE/PME » (avril 2023), l’Apec donne un ordre de grandeur : « La moitié des 3,9 millions de cadres du secteur privé, soit 1,9 million, travaillent dans une TPE ou PME. » Les autres, soit 2 millions, sont employés par des entreprises de taille intermédiaire (plus de 250 salariés) et par des grandes entreprises. L’Apec compare le profil, le sort et les aspirations de ces deux catégories de cadres.

    Au chapitre de ce qu’on pourrait appeler le tronc commun, la majorité des cadres sont satisfaits de leur situation professionnelle et attachés à leur entreprise, quelle que soit la taille de celle-ci. La proportion d’hommes (63 %) et de femmes (37 %) est la même partout. Et les rémunérations médianes ne sont pas très différentes : 50 000 euros par an pour les cadres en TPE/PME, 53 000 euros pour les cadres en ETI et gros porteurs.

    DIPLÔME, POSTES DE DIRECTION, TÉLÉTRAVAIL :  QUELQUES DIFFÉRENCES SELON LA TAILLE D’ENTREPRISE

    Néanmoins, quelques items de différenciation sautent aux yeux dans l’étude de l’Apec. 71 % des cadres des grandes boîtes sont diplômés du supérieur long contre seulement 66 % des cadres en TPE/PME. La petite structure accepte plus facilement le « petit diplôme » : 6 % de ses encadrants n’ont qu’un CAP, BEP ou équivalent, contre 3 % dans les ETI et majors.

    Diplôme ou pas, 6 % des cadres en TPE/PME exercent un poste de direction, contre un étique 2 % de ceux en ETI et grandes entreprises. 44 % sont « responsables hiérarchiques » dans les TPE/PME, contre 38 %. On fait par ailleurs moins de vieux os dans les TPE : 39 % des cadres y ont une ancienneté de plus de 10 ans, contre 54 % dans les gros cocons.

    Autre différence importante, le télétravail est moins la règle. Un tiers des cadres des TPE/PME le pratique régulièrement 1 à 2 jours par semaine, contre presque la moitié des cadres en ETI et grandes entreprises.

    Quand on demande aux uns et aux autres quelles sont leurs sources de motivation ou de démotivation, le résultat est frappé au coin du bon sens. 39 % des cadres des TPE/PME citent l’autonomie comme motivation, contre 14 % des autres. 46 % citent la polyvalence des missions, contre 19 % des autres. Mais seuls 15 % des salariés des petits navires restent à bord pour les perspectives d’évolution professionnelle, quand cette motivation concerne 52 % des cadres salariés dans des embarcations de gros tonnage.

    Gilles Lockhart