LES JEUNES SATISFAITS DU MONDE PROFESSIONNEL
Résultat, 73 % des 18-35 ans estiment que le dialogue social fonctionne bien dans leur entreprise ou administration, soit une progression de 6 points depuis 2023. Ce satisfecit reste toutefois plus mesuré dans certains contextes, puisque les salariés des grands groupes ne sont que 53 % à partager cet avis positif, contre 67 % pour les catégories socio-professionnelles populaires.
Mieux encore, 71 % des jeunes actifs se disent satisfaits de leurs débuts dans le monde professionnel, malgré une transition études-emploi qui reste source d'anxiété pour deux tiers d'entre eux.
En outre, les relations entre employeurs et salariés progressent sensiblement par rapport à 2023 : avec + 9 points pour les évocations positives comme équilibrées (28 %), fluides (21 %), saines (20 %) et constructives (17 %). Cependant, plus d'un tiers des jeunes jugent encore ces relations « compliquées » (37 %) ou « distantes » (30 %). La satisfaction à l'échelle nationale, en dehors du spectre de l’entreprise, est aussi bien plus modeste, avec seulement 50 % d'opinions positives sur l'état du dialogue social en France, même si ce chiffre progresse lui aussi (+4 points en deux ans).
LES SYNDICATS, NÉCESSAIRES, MAIS PAS INCONTOURNABLES
C'est sans doute le signal le plus important de ce baromètre pour les organisations syndicales. 76 % des jeunes estiment que les syndicats sont nécessaires dans toutes les entreprises (+ 4 points versus 2023).
Mais cette reconnaissance ne se traduit pas en légitimité. En effet, 64 % (+ 4 points) estiment que les mouvements de citoyens seraient plus efficaces que les organisations syndicales pour obtenir de nouveaux droits, et 61 % (+ 7 points) considèrent que les organisations syndicales ne seraient pas nécessaires dans les entreprises où les salariés peuvent régler leurs problèmes professionnels directement avec leur patron ou manageur.
Lorsqu'on leur demande à qui ils font confiance pour construire de bonnes relations sociales au quotidien, les jeunes citent en priorité la direction (29 %), les manageurs (23 %) et les salariés eux-mêmes (21 %). Les représentants syndicaux, eux, n'arrivent qu'en dernière position avec 9 %. Les jeunes attendent donc des syndicats qu'ils prouvent leur utilité concrète, au plus près des réalités du terrain.
Sur le terrain justement, ils considèrent que la construction de bonnes relations sociales est avant tout un gage de meilleures conditions de travail (61 %), d’un climat social apaisé (56 %) et d’une communication fluide entre la direction et les salariés (56 %) … mais aussi d’une prise en compte des transformations sociétales auxquelles ils sont le plus sensibles, comme la quête de sens et le télétravail. La transition écologique, la mondialisation de l’économie ou encore les replis identitaires et communautaires figurent en bas de leurs préoccupations.
UNE GÉNÉRATION PRÊTE À S’ENGAGER
Preuve de cette implication, 73 % des jeunes (+3 points par rapport à 2023) disent vouloir s’engager pour une cause, de façon certaine pour 20 % et, probablement, pour 53 %. Et si l'engagement associatif reste la première intention (35 %), les syndicats progressent significativement, se hissant en deuxième position avec 22 % des intentions, soit + 6 points en deux ans. Une évolution qui traduit une confiance croissante dans l'action collective : 80 % des jeunes estiment pouvoir faire « bouger les choses » au sein d'une organisation syndicale ou patronale.
*Réalisée du 18 au 25 novembre 2025 auprès d'un échantillon de 526 personnes représentatif des 18-35 ans en France
François Tassain