OUVERTURE COMMERCIALE ET MESURES DE COMPENSATION
L’étude aborde ensuite la question des possibles mesures de compensation. « En effet, explique Jamel Saadaoui, ce n’est pas parce que l’ouverture commerciale est potentiellement bénéfique à l’échelle d’une économie qu’elle l’est pour tous les individus, tous les secteurs, toutes les entreprises ». Pour reprendre sa métaphore, « l’ouverture commerciale fait grossir le gâteau mais quelques invités peuvent se retrouver à la fin avec une part plus petite qu’au début ».
L’étude conclut que l’Union européenne devrait jouer un rôle majeur dans la construction d’une globalisation moins intense (« slowbalization »), plus démocratique et plus diverse sur le plan institutionnel. Ce qui rendra la globalisation plus efficace et plus légitime.
Le débat, animé par Raphaëlle Bertholon, experte confédérale et ex-secrétaire nationale CFE-CGC à l’économie, membre du bureau de l’IRES, a ensuite fait réagir trois intervenants :
ACCORD DE LIBRE-ÉCHANGE SUBI : L’EXEMPLE ÉDIFIANT D’ALCATEL
Dans le rôle du Candide assumé, ce dernier s’est posé en porte-parole d’un « certain nombre de collègues de Technip ou d’Alstom par exemple, qui auraient pu être à ma place ce soir pour témoigner des effets de la mondialisation et de la globalisation économique ».
Olivier Marcé est revenu sur le fait que « la grande histoire des Telecom en France s’est arrêtée en 2016 quand Alcatel a été racheté par Nokia », conséquence de la vision malheureuse d’un ancien patron d’Alcatel qui visait « une entreprise sans usine ».
« On connait le résultat de cette mondialisation heureuse, a rappelé le militant. Avec ce principe des centres de décision en Europe et des ouvriers en Chine, Alcatel a créé de toutes pièces son concurrent Huawei qui l’a tué. Au début des années 2000, Huawei faisait de pâles copies de produits Alcatel. Vers 2005, on a commencé à trouver qu’elles étaient de bonne qualité. Et aujourd’hui ils sont leaders mondiaux, maîtrisant des hautes technologies plus avancées que celles de Nokia ou Ericsson. »
Coût de cette « perte de souveraineté depuis 10 ans » et traduction de la « vision pessimiste du représentant syndical d’une entreprise française qui a subi les accords de libre-échange » : une perte sèche de 27 000 emplois !
Le débat a ensuite porté sur les leçons qui ont pu être tirées de ces évolutions, de l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001, de la crise financière de 2008, de celle du covid, à la lumière des accords de libre-échange signés par l’Union européenne.
Gilles Lockhart