À l’issue de la NAO qui prive d’augmentation générale une grande majorité des personnels d’encadrement chez le spécialiste de l’intérim, la CFE-CGC en appelle à un meilleur partage de la valeur, souligne la déléguée syndicale centrale Tania Dauchy.
C’est peu dire que les dernières négociations annuelles obligatoires (NAO) chez Manpower France (3 200 salariés permanents et plus de 60 000 salariés intérimaires ; près de 600 agences sur le territoire national) ont contrarié les équipes syndicales de la CFE-CGC (photo ci-contre), devenue la deuxième organisation syndicale de l’entreprise (encadré ci-dessous). En cause : un accord au rabais qui entérine une augmentation générale de 0,7 % au 1er juillet 2025, accordée exclusivement aux salariés permanents ayant un salaire mensuel brut temps plein allant jusqu’à 2 500 euros et justifiant d’une ancienneté de 12 mois.
Résultat, « plus de la moitié des salariés n’y ont pas droit dont une grande majorité des personnels d’encadrement, à savoir les agents de maîtrise, les cadres, les manageurs de proximité et les responsables d’agences, ce qui est catastrophique et inacceptable », fustige Tania Dauchy, déléguée syndicale centrale de la CFE-CGC Manpower et secrétaire générale de la Fédération nationale de l’encadrement du commerce et des services (FNECS CFE-CGC).
Refusant « de cautionner une telle mascarade avec une distribution infime des résultats 2024 », la CFE-CGC est la seule organisation syndicale représentative dans l’entreprise à ne pas avoir signé l’accord. « Nous avons largement communiqué auprès des salariés pour en exposer les motifs, explique Tania Dauchy. C’est la première fois qu’une telle frange de salariés est exclue des augmentations générales. La direction laisse purement et simplement à l’abandon les personnels de l’encadrement alors que la pression sur les équipes est permanente. Les salariés concernés sont désabusés face à un tel manque de reconnaissance de leur implication au travail. »
Qui plus est, les salariés privés d’augmentation générale ne peuvent même pas compter sur des augmentations individuelles de bonne facture. « Avec une enveloppe globale limitée à 1,7 %, promotions incluses, on se retrouve à devoir répartir trois francs six sous aux collaborateurs d’une agence », déplore Tania Dauchy.
Si la direction justifie cette politique salariale en évoquant la mauvaise conjoncture et un marché du travail temporaire en souffrance, la CFE-CGC monte au créneau pour un juste partage de la valeur. « Il faut rappeler que les résultats financiers de Manpower France, multinationale américaine, sont remarquables, souligne la militante. La CFE-CGC continuera donc de se battre pour un partage plus équitable des bénéfices. »
La CFE-CGC devient la deuxième organisation syndicale chez Manpower France
À l’issue des élections professionnelles chez Manpower France dont les résultats du premier tour ont été dévoilés le 2 avril, la CFE-CGC obtient une représentativité de 30,73 % tous collèges confondus, soit une progression de 10 points par rapport au dernier scrutin, en 2019. Elle devient ainsi la deuxième organisation syndicale représentative dans l’entreprise, derrière la CFDT (40,46 %).
« Le travail de terrain de tous nos militants, au contact des salariés dans les 600 agences du territoire, porte ses fruits », analyse Tania Dauchy, la déléguée syndicale centrale. Sur son champ catégoriel, la CFE-CGC, qui a doublé son nombre d’adhérents depuis 2017, obtient 65,95 % des suffrages.