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Publié le 01 - 09 - 2026

    Salaires, partage de la valeur : la CFE-CGC mobilisée chez Airbus

    Deuxième organisation syndicale du groupe aéronautique et de défense, la CFE-CGC a signé un accord de politique salariale 2026-2027 plutôt satisfaisant tout en militant pour un meilleur partage de la valeur.

    Si le ciel est dégagé en matière de politique salariale chez Airbus, les nuages et les risques d’averses ne sont jamais loin s’agissant de la problématique plus globale du partage de la valeur. Sur ces sujets toujours sensibles, les organisations syndicales représentatives (OSR) du groupe aéronautique et de défense (plus de 50 000 salariés en France) ne ménagent pas leur peine depuis le début de l’année.

    RECONNAÎ​TRE L’ENGAGEMENT DES SALARIÉS

    Il y a d’abord eu un accord de politique salariale 2026-2027, signé fin mars par quatre OSR (CFE-CGC, FO, CFTC, CFDT). « Nous sommes parvenus à un bon compromis, juge Françoise Viallard, coordinatrice de la CFE-CGC Airbus, deuxième OSR de l’entreprise. Grâce à la ténacité de nos négociateurs, cet accord permet de reconnaître l’engagement des salariés au travers de mécanismes simplifiés favorisant la prise de décision et la responsabilisation managériale. Et avec un budget global de 2,5 % de la masse salariale (contre 1,8 % pour la première proposition) sous la forme d’augmentations générales et individuelles, Airbus se situe dans la moyenne haute de la filière aéronautique-espace-défense. »

    Faisant valoir en toutes circonstances ses revendications en faveur des populations qu’elles représentent - techniciens supérieurs, ingénieurs, cadres, seniors manageurs -, la CFE-CGC Airbus a en particulier obtenu un taux de distribution des augmentations individuelles (AI) cadre de 75 % en moyenne (+ 5 points par rapport au précédent exercice) et des budgets « gestion de carrière » (promotions vers un emploi de classe supérieure, mobilités internes, postes clés à pourvoir…) équilibrés et distincts.

    Par ailleurs, la signature de cet accord groupe permet une augmentation de 1,25 %, au 1er janvier 2027, de la valeur du point d’ancienneté. Le texte prévoit aussi une clause de suivi « compte tenu des incertitudes exceptionnelles sur le plan macro-économique et géopolitique ».

    PARTAGE DE LA VALEUR ET PARTICIPATION : DES AVANCÉES

    « Au-delà de cet accord de politique salariale, nous menons depuis 2024 un gros travail syndical visant à suivre et accompagner les dispositifs relatifs aux classifications (postes, déroulements de carrières, crédits spécifiques, etc.) issues de la nouvelle convention de branche dans la métallurgie », souligne Françoise Viallard.

    Si la satisfaction l’emporte donc sur le volet salarial, des tensions sociales ont ensuite vu le jour ce printemps s’agissant du partage de la valeur dans l’entreprise. La raison : une prime de participation jugée trop faible (54 % de moins qu’en 2024) au regard des résultats de l’entreprise. « Airbus, qui fait face à des enjeux industriels majeurs, ne peut pas appeler durablement à l’engagement collectif, à la responsabilité et à la mobilisation industrielle sans envoyer un message fort aux salariés », analyse Françoise Viallard.

    Dans ce contexte, les trois principales organisations syndicales (CFE-CGC, FO, CFTC) ont revendiqué et obtenu le versement d’un complément de prime de partage de la valeur (ou prime de compensation) d’un montant de 500 euros.

    « Par ailleurs, une négociation de fond s’est ouverte dans la foulée sur l’évolution du dispositif de participation, pour laquelle nous avons sollicité et obtenu une expertise financière pour nous aider à travailler ce sujet, ajoute la militante. Le travail syndical a globalement porté ses fruits, nous avons pu peser dans les négociations. »

    Mathieu Bahuet