Moins d'augmentations, perception d’une part variable en baisse, érosion accélérée par l’inflation : la situation salariale des cadres se dégrade, selon un baromètre publié par l'Association pour l'emploi des cadres.
Les cadres voient leur rémunération reculer et ce n’était pas arrivé depuis 2010. Selon le dernier baromètre de l’Apec, en juin 2026, leur rémunération annuelle brute médiane (fixe + variable) s’établit à 54 000 euros, soit 1,8 % de moins en un an.
Si la part fixe de la rémunération reste stable à 52 000 euros, seuls 46 % des cadres ont été augmentés cette année (7 points de moins qu’en 2025 et 14 points de moins qu’en 2024), tandis que la proportion de ceux qui perçoivent une part variable est tombée à 48 %, contre 50 % un an plus tôt et 54 % en 2024. Les 30-49 ans sont la tranche d’âge la plus touchée par ce ralentissement, souligne l’Apec.
Ce recul des rémunérations intervient dans un contexte d’inflation (3,1 % en septembre 2026), qui a accentué la perte de pouvoir d’achat. Entre 2025 et 2026, le salaire réel des cadres a ainsi diminué de 3,6 %, avec une baisse cumulée de 11,6 % depuis 2007. Au total, 6 cadres sur 10 (5 points de plus qu’en 2025) déclarent ressentir une dégradation de leur pouvoir d’achat, qui va de pair avec une moindre satisfaction puisque seulement 60 % d’entre eux se disent satisfaits de leur poste, contre 91 % de ceux pour qui le pouvoir d’achat s’est amélioré.
Pour s’en prémunir, la mobilité semble être le meilleur levier : alors que 42 % seulement des cadres restés au même poste ont été augmentés, ils sont 68 % parmi ceux ayant changé de poste en interne et 61 % parmi ceux ayant changé d’entreprise sans passer par le chômage. Mais ces bons chiffres masquent mal un recul : les cadres ayant changé de poste en interne étaient 70 % à être augmentés en 2025 et 77 % en 2024.
En matière d’égalité professionnelle, une avancée mérite d’être soulignée : pour la première fois depuis 2011, les femmes cadres ont été autant augmentées que leurs homologues hommes. Les écarts de rémunération persistent toutefois, à 15 % tous profils confondus (contre 16 % en 2025) et à 6,8 % à profil comparable, soit le même niveau que l’an dernier.
Enfin, la transparence salariale progresse aussi : 68 % des offres d’emploi cadre publiée sur le site de l’Apec affichent désormais un salaire ou une fourchette (contre 65 % un an plus tôt et 47 % en 2019), et 72 % des cadres ont entendu parler de la directive européenne sur le sujet.
François Tassain