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Publié le 19 - 02 - 2021

    Le rôle essentiel des TPE-PME pour l’économie française

    Face à la crise, la CFE-CGC rappelle que le redressement économique passe notamment par un soutien massif à nos TPE-PME, qui jouent un rôle essentiel pour l’emploi et l’innovation.

    LE POIDS DES TPE-PME DANS L’ÉCONOMIE FRANÇAISE

    Selon la définition de l’administration française, les TPE-PME regroupent deux catégories d’entreprise : les microentreprises (nombre de salarié inférieur à 10 et un chiffre d’affaires inférieur à 2 millions d’euros) et les petites et moyennes entreprises (nombre de salariées inférieur à 250 et CA inférieur à 50 M€). En 2018, selon l’INSEE, la France comptait 3,9 millions de microentreprises et de PME marchandes non agricoles et non financières. Parmi celles-ci :
    - 3,8 millions sont des microentreprises qui emploient 2,4 millions de salariés et réalisent 20 % de la valeur ajoutée ;
    - 48 000 sont des PME qui emploient 3,9 millions de salariés et réalisent 23 % de la valeur ajoutée.

    Au total, les microentreprises et les PME emploient 6,3 millions de salariés (en équivalent temps plein) et réalisent 43 % de la valeur ajoutée. Plus dynamiques lors des phases de reprises de l’activité économique, les TPE-PME et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) jouent un rôle prépondérant dans les créations d’emplois, d’autant plus qu’une grande majorité de ces emplois ne sont pas délocalisables. Par ailleurs, les PME contribuent à stimuler l’innovation et à favoriser la cohésion territoriale.

    DES ENTREPRISES QUI FAVORISENT L’INNOVATION…

    Selon l’OCDE, la contribution des PME à la croissance de l’innovation a fortement progressé ces dernières années. Les mutations technologiques, la croissance des revenus et la segmentation de la demande sur les marchés ont permis aux PME de combler leurs difficultés structurelles : faiblesse de leurs ressources et capacitée limitée à créer des économies d’échelles.De plus, les TPE-PME sont souvent à l’origine d’innovations radicales car plus agiles que les grands groupes à exploiter des opportunités technologiques ou commerciales jugées secondaire par les entreprises plus implantées. Par ailleurs, les TPE-PME contribuent à la création de valeur en adoptant des innovations produites ailleurs. En faisant des modifications progressives et en fournissant des produits nouveaux ou de niche, elles arrivent à répondre aux besoins des clients.

    En innovant et en se développant, les PME tirent ainsi la croissance en assurant la coordination, la montée en gamme et la participation des fournisseurs de plus petite envergure dans les chaînes d’approvisionnement.

    … ET PARTICIPENT AU DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL

    Ancrées dans des écosystèmes locaux qui constituent leur principale source de connaissances, de compétences, de financement, de débouchés commerciaux et de réseaux, les TPE-PME sont implantées sur le territoire national de manière bien plus homogène que les grandes entreprises (souvent implantées dans les grandes métropoles régionales). Elles contribuent ainsi à maintenir des zones d’emploi sur tout le territoire.

    Contribuant à employer d’importants segments de main d’œuvre, notamment des travailleurs peu ou moyennement qualifiés, les TPE-PME leur offrent des possibilités pour développer leurs compétences. À cet égard, les TPE-PME sont, en parallèle des politiques publiques menées localement, un précieux moteur de développement et de réduction des inégalités au sein de ces espaces géographiques. 

    DES TPE-PME SOUS LA CONTRAINTE DES GRANDS GROUPES

    En dépit des apports des TPE-PME à l’économie française, celles-ci restent confrontées à des problématiques, notamment sur le plan concurrentiel, qui empêchent de libérer leur plein potentiel. Dans les relations avec les grands groupes, les TPE-PME sont trop souvent victimes de la chasse aux coûts opérée par les grands groupes qui, pour diminuer le prix des approvisionnements et des activités sous-traitées, imposent une pression économique forte sur le tissu des sociétés sous-traitantes (ETI et PME). Cette pression rejaillit en cascade sur les sous-traitants de rang inférieur, les exposant à des contraintes fortes et pénalisantes pour leur équilibre économique et leur capacité à investir. Elle les amène à comprimer leurs coûts au-delà du raisonnable et à exprimer des besoins de flexibilité du travail pour parfois simplement survivre à la concurrence des pays low-cost et tenter de résister au siphonnage par le haut du fruit de leur travail.

    Cette problématique entame les capacités d’investissements des PME qui, dès lors, n’ont plus suffisamment de moyens pour le développement de nouveaux produits ou pour moderniser leurs outils de production. C’est particulièrement le cas dans l’industrie où les PME françaises sont très peu robotisées comparativement aux PME allemandes. Ce retard freine et limite la production locale qui permettrait de se substituer aux importations.

    De même, les grands donneurs d’ordre n’hésitent pas, ensuite, à transférer les fruits de cette réduction des coûts vers des filiales étrangères via un système de prix de transfert permettant de baisser leur taux réel d’imposition. La dernière étude de l’OCDE (consultable ici) analysant le phénomène d’érosion de la base d’imposition et de transfert des bénéfices (BEPS) calcule un taux réel d’imposition des multinationales françaises de seulement 21 %. Ce système crée une inégalité fiscale particulièrement injuste pour les TPE-PME.

    UN PLAN DE RELANCE QUI DOIT AGIR EN PRIORITÉ SUR LES TPE-PME

    Lors de la présentation, par le gouvernement, du plan de relance économique de 100 milliards d’euros, la CFE-CG a rappelé qu’il était important que la réduction des impôts de production prévue (20 milliards d’euros sur deux ans) aille en priorité aux microentreprises et aux PME pour restaurer leurs fonds propres afin qu’elles puissent financer leurs investissements. Selon les chiffrages du gouvernement, la loi de finances pour 2021 estime que les gains de ces mesures bénéficieront à 41 % aux ETI, à 33 % aux PME et à 26 % aux grandes entreprises.

    Il est également important de soutenir davantage les TPE-PME pour qu’elles puissent peser plus fortement sur les marchés mondiaux. La transition numérique est en effet un formidable atout pour permettre aux plus petites entreprises de se développer à l’international où elles peuvent, du fait de leur flexibilité à personnaliser et à différencier leurs produits, être plus réactives aux évolutions des conditions sur les marchés. Les mesures mises en place - déploiement du chèque relance export régional, assurance-crédit, garanties des cautions, assurance change - doivent donc être amplifiées.

    Enfin, pour la CFE-CGC, les sommes allouées au plan de relance doivent permettre aux TPE-PME de faire leur transition numérique tant cet enjeu est fondamental pour certaines entreprises et certains secteurs d’activité. Or le retard français en la matière est particulièrement inquiétant. Cet indispensable effort dans les investissements numériques permettrait de gagner en efficacité et d’améliorer les gains de productivité, rendant ainsi nos TPE-PME plus compétitives.

    Louis Delbos